Le Culte Vaudou au Bénin

Catholiques et Musulmans : une cohabitation paisible

En Afrique, et plus particulièrement au Bénin, les gens sont très croyants. Mais il existe dans ce pays un grand respect entre les religions, principalement entre le catholicisme et l’islam, les deux religions principales. Les églises côtoient les mosquées et la religion est pratiquée avec beaucoup d’allégresse et de joie.

 

Les chiffres divergent et bien qu’il soit quasiment impossible d’obtenir un pourcentage précis, nous pouvons dire qu’environ 25% de la population se dit catholique contre 27% de la population musulmane. La raison principale de cette cohabitation paisible ? Le Vaudou.

 

Attention, nous ne parlons pas ici du Vaudou tel qu’on l’imagine en Europe, sorcellerie et petites poupées noires. Le Vaudou est la religion traditionnelle du Bénin, et elle reste pratiquée par la majorité de la population, et cela même par les gens se disant catholique ou musulman.

 

 

Le culte Vaudou fait partie intégrante de la vie quotidienne et sociale des Béninois. Il est très difficile d’en saisir toute la complexité mais nous allons tenter d’en expliquer les grandes lignes. 

Qu’est-ce que le Vaudou ?

 

Le Vaudou est une religion animiste, c’est-à-dire une religion qui attribue une âme à chaque être vivant ainsi que tout objet ou élément (animaux, végétaux, minéraux, éléments, …). La mort n’est que la séparation du corps et de l’âme éternelle. Il défend l’existence d’une multitude de dieux (les vaudouns), correspondant chacun à un élément et servant d’intermédiaire à l’homme pour atteindre le dieu créateur tout puissant (Mawu). Si celui-ci n’a pas besoin des hommes, ce n’est pas le cas des autres divinités. Cela explique la pratique omniprésente des offrandes et sacrifices réalisés durant des cérémonies multiples et permettant de solliciter aux défunts et vaudouns une action précise en faveur du vivant.

 

Ces cérémonies nécessitent la présence d’un prêtre appelé Féticheur. Ceux-ci furent considérés à tort par les missionnaires chrétiens comme des sorciers d’où cette association Vaudou – Sorcellerie en Europe. S’il existe bien des sorciers en Afrique, ceux-ci sont craints, dénoncés et punis par la société. 

Ouidah, berceau du Vaudou

 

Le culte Vaudou est très ancien, il compte plus de 160 divinités et se pratique différemment selon les ethnies et les pays. Cependant, le Bénin, et surtout la ville côtière de Ouidah, est considéré comme le berceau du Vaudou. Les raisons sont avant tout historiques, puisque c’est dans cet endroit que les esclaves de toute l’Afrique se rassemblaient avant d’être embarqué de force vers les Amériques.

 

Chaque année, les croyants venant du monde entier s’y réunissent, le 10 janvier, pour y célébrer ensemble le vaudou et ses divinités. Les autels y sont nombreux ainsi que les maisons aux serpents, c’est-à-dire aux pythons, animaux sacrés et vénérés dans la région. 

L'importance des guérisseurs

 

L’importance des traditions se reflète également dans la place qu’occupent les guérisseurs dans la société. Beaucoup de gens pensent que les maladies sont dues à de la sorcellerie ou à un mauvais sort et font d’abord appel au médecin traditionnel avant de recourir à la « médecine des blancs ».

 

Les maladies, même les plus graves telles que le cancer ou maladies transmissibles sont ainsi traitées par les plantes et les prières. Les familles peuvent dépenser toutes leurs économies pour obtenir l'aide d'un guérisseur et lorsqu’elles se rendent chez un médecin, il est souvent difficile de lutter contre une maladie ayant gagné du terrain.

 

Il est cependant très compliqué de changer les mentalités et dans les villages, il est important de travailler sur des actions de sensibilisation pour éviter aux maladies de se rependre et en expliquer les causes. 

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